Le point sur l’après-midi dédié à l’obésité pédiatrique et à la parentalité le 17 octobre à Villers-les-Nancy

L’obésité infantile, une urgence de santé publique

Le 17 octobre 2025, un séminaire a réuni des professionnels autour de l’enjeu de l’obésité infantile, reconnue comme une maladie chronique aux conséquences multiples — somatiques, neuropsychiques et sociales. Les chiffres sont alarmants : en 2022, 37 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient en surpoids dans le monde, et 390 millions d’enfants et adolescents de plus de 5 ans concernés, dont 160 millions en situation d’obésité. Localement, la région des intervenants compte 1 enfant sur 5 en surpoids et 10 % en obésité.

Face à cette réalité, les experts insistent sur une prise en charge précoce et globale, centrée sur les 1 000 premiers jours de l’enfant, période clé pour prévenir les risques futurs.

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Les parents, acteurs centraux de la prévention

Les habitudes de vie, la régulation émotionnelle et l’environnement familial jouent un rôle déterminant dans le développement de l’obésité. Les approches comportementales parent-centrées montrent les meilleures preuves d’efficacité, contrairement aux stratégies ciblant uniquement les très jeunes enfants (moins de 24 mois), qui n’améliorent pas significativement leur indice de masse corporelle (IMC).

Pourquoi les parents ?

  • Ils influencent directement l’alimentation, l’activité physique et les temps d’écran.
  • Leur propre histoire (génétique, épigénétique, stress, précarité) peut programmer des risques chez l’enfant.
  • Une intervention précoce, comme des SMS éducatifs dès la naissance, a réduit l’incidence de l’obésité de 12,7 % à 7,4 % à 2 ans et diminué les apports caloriques de 19 %.

Facteurs psychosociaux : un cercle vicieux à briser

L’obésité ne se résume pas à un déséquilibre énergétique. Elle est aussi liée à :

  • La programmation biologique : un score polygénique élevé peut entraîner un surplus de poids de +3,5 kg à 8 ans et +12 kg à 18 ans.
  • Les facteurs psychosociaux : stress, insécurité alimentaire, dépression parentale, ou encore stigmatisation familiale (70 à 87 % des cas).
  • L’attachement précoce : la relation mère-enfant influence les comportements alimentaires futurs. Une sécurité affective favorise une alimentation saine, tandis qu’une insécurité peut mener à des troubles du comportement alimentaire (TCA).

Exemple concret : Dans les Vosges, un programme en pédiatrie implique les parents dans la rééducation, avec des consultations familiales trimestrielles et des ateliers pour déconstruire la culpabilité.


Accompagner sans culpabiliser : une nouvelle posture pour les soignants

Les professionnels de santé sont appelés à adopter une approche systémique et bienveillante :

  • Langage neutre : éviter les termes stigmatisants, privilégier la qualité de vie comme indicateur (recommandations USA 2023 et Canada 2025).
  • Alliance thérapeutique : renforcer la confiance avec les familles, en reconnaissant leurs difficultés (précarité, isolement, stress).
  • Leviers territoriaux : programmes périnataux, groupes de parole pour parents, maillage avec les écoles et les assistantes sociales.

Un témoignage marquant : Une jeune patiente, victime de harcèlement scolaire lié à son surpoids, a retrouvé confiance en elle grâce à un accompagnement pluridisciplinaire.


Conclusion : agir ensemble, tôt et autrement

L’obésité infantile est un défi complexe, mais des solutions existent :

  1. Prévenir dès la grossesse et les 1 000 premiers jours.
  2. Impliquer les parents comme partenaires, sans jugement.
  3. Former les équipes à une prise en charge pluriprofessionnelle (médecins, psychologues, diététiciens, travailleurs sociaux).
  4. Lutter contre la stigmatisation, source de souffrance et d’aggravation des risques.

Et vous, comment percevez-vous le rôle des parents dans la prévention de l’obésité infantile ? Partagez vos expériences ou questions en commentaire !

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